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Mahjong Connect : comprendre le jeu et ses origines

Mahjong Connect donne l’impression d’avoir toujours fait partie du monde du jeu en ligne. Si vous avez connu les années Flash et passé du temps sur des sites comme T45OL, Jeux.com ou Newgrounds, il est très probable que vous y ayez joué plus d’une fois. C’était mon cas aussi. Une grille nette de tuiles Mahjong, le petit clic satisfaisant quand une paire disparaît et la tension silencieuse quand le compteur descend.

Beaucoup le prennent pour une version simplifiée de Mahjong Solitaire, alors que ce n’est pas le cas, et il n’a rien à voir non plus avec le mahjong traditionnel à quatre joueurs. D’où vient-il vraiment ?

Voici ce que l’on sait. Contrairement aux jeux de cartes anciens comme le Klondike ou le Pyramid Solitaire, Mahjong Connect ne possède pas de longue histoire écrite. C’est l’un des premiers jeux de tuiles en solo entièrement créés pour un écran. Aucun livret imprimé, aucune boîte, aucun ancêtre sur table.

Un format conçu pour le numérique

Écran d’arcade de Shisensho sorti en 1989

La première version claire du concept est apparue dans les arcades japonaises en 1989. Un jeu sur borne nommé Shisenshō : Joshiryō hen, développé par Tamtex et publié par Irem, proposait une grille plate et la règle qui définit encore le genre : relier deux tuiles identiques avec un tracé qui ne peut tourner que deux fois au maximum. C’était rapide, minuté et totalement solo. Il fallait anticiper et se déplacer avec précision avant la fin du temps. Le jeu ne ressemblait pas aux autres titres Mahjong de l’époque, mais les tuiles familières le rendaient accessible.

Des bornes aux ordinateurs personnels

Le succès fut suffisant pour qu’une version arrive très vite sur ordinateur. En 1990, Irem lança une version de Shisen Shō (四川省) pour la gamme NEC PC 9800, alors très répandue au Japon.

Avec un clavier ou une souris, le jeu devint plus calme et plus précis. Les graphismes étaient plus nets et les commandes convenaient aussi bien aux foyers qu’aux bureaux. D’autres versions suivirent au début des années 1990, souvent sous les noms Shisen Shō ou Nikakudori.

Shisen s’exporte

Shisen Shō atteignit l’étranger au début des années 1990 sur MS-DOS, Amiga et Atari ST. Ces portages montraient que le concept fonctionnait hors des arcades, même s’ils restaient discrets. Le vrai tournant arriva un peu plus tard. En 1997, KShisen sur Linux et Kyodai Mahjongg sur Windows proposèrent des modes Shisen soignés qui firent découvrir le jeu à un public régulier. Bien avant que Flash ne domine les navigateurs, ces versions donnèrent au puzzle une base solide.

En 2000, MahJongg Master 3 d’eGames introduisit l’appellation MahJongg Rivers sur ses disques, ce qui contribua à fixer ce nom dans les collections occidentales. Le jeu n’était pas encore grand public, mais les fondations étaient posées.

Le nom qui est resté

Capture d’écran du tout premier Mahjong Connect sorti en 2005

Le nom Mahjong Connect ne vient ni des arcades ni des premières versions PC. Il est apparu plus tard, pendant l’essor de Flash dans les années 2000, à une époque où les jeux rapides remplissaient les navigateurs et où des sites français comme T45OL et Jeux.com connaissaient un énorme trafic. Je me souviens avoir perdu du temps sur The Helicopter Game et tenté de maîtriser Bubble Shooter. Ceux qui ont vécu cette période connaissent bien ces soirées où l’on prévoit une partie rapide et où l’on finit par y passer des heures.

Capture du site T45OL montrant Mahjong Connect parmi les jeux Flash les mieux notés.

Le 17 août 2005, le nom Mahjong Connect apparut pour la première fois. Une version Flash du petit studio Front Network fut mise en ligne sur Newgrounds, où elle atteignit la page d’accueil. À la même période, il est également apparu sur le portail français T45OL, où il figurait même parmi les jeux les mieux notés. À la fin des années 2000, le jeu se répandit sur d’autres sites sous les noms MahJongCon, Mahjong Link ou Mahjong Chain.

L’ère Flash donna aussi naissance à de nombreux relookings. En France, la version la plus connue est Mahjong Papillon, qui remplaçait les tuiles classiques par des ailes colorées. Une autre variante populaire était Mahjong Simpson, avec des personnages du dessin animé. D’autres versions proposaient des gâteaux, des sushis, des bijoux ou des emojis. Le thème changeait, mais la règle restait la même : deux virages possibles, des niveaux rapides et un minuteur pensé pour des sessions courtes.

L’arrivée sur écrans tactiles

Quand Flash a disparu dans les années 2010, le format Mahjong Connect, lui, est resté. Les développeurs le reconstruisirent en HTML5, améliorèrent l’interface et l’adaptèrent aux téléphones et aux tablettes. Aujourd’hui, il fonctionne sur presque tous les appareils avec des contrôles tactiles plus fluides et un visuel plus net. La présentation a évolué, mais le cœur du jeu n’a pas changé. Les règles n’avaient pas besoin d’être revues.

Une règle, quelques variantes

La règle de base de Mahjong Connect est restée la même depuis des décennies, même si certaines versions proposent de petits changements. Quelques jeux autorisent trois virages au lieu de deux, d’autres ajoutent un mélange ou un indice. Pourtant, la version dont tout le monde se souvient est celle de l’époque Flash. Elle était simple, efficace et c’est pour cela que les joueurs y revenaient.

C’est cette version que nous avons recréée. Une adaptation moderne avec la même logique, car ce modèle fonctionnait déjà très bien. Vous pouvez y jouer en plein écran sur MahjongConnect.fr, sur ordinateur ou mobile, sans installation. Les tuiles sont plus récentes que celles de 2005 mais le rythme reste le même. Reliez, nettoyez, enchaînez. Même idée, nouveau souffle.